Les cervidés, hormis l’hydropote et le cerf porte-musc, sont les seuls mammifères à posséder des bois et cette caractéristique définit leur famille.

Chaque partie de la ramure porte un nom bien défini et permet d’évaluer l’âge de l’animal, ainsi que son état de santé. Néanmoins, il est délicat d’estimer l’âge d’un cerf à la simple observation de ses bois, bien que certaines caractéristiques ne trompent pas.

Dans un premier temps, on notera que seuls les mâles présentent une ramure. A la naissance, le faon ne porte pas de bois et jusqu’à l’âge d’un an, il est difficile de distinguer les deux sexes excepté le nom donné au mâle entre 6 et 12 mois : le hère. Quand le faon femelle est appelé « bichette », entre 1 à 2 ans, le mâle voit ses premiers bois se former. Ces embryons de ramure sont appelés dagues, ce qui fait du jeune cerf un daguet. A partir de 2 ans, le mâle est appelé cerf de 2ème tête, puis 3ème tête (3 ans), 4ème tête (4 ans) puis on parlera de « 10 cors jeunement » et enfin « 10 cors » pour les mâles de plus de 6 ans.

Afin de distinguer les différents âges du mâle, il est préférable d’observer les pivots (à la base des bois). En effet, ces pivots sont d’autant plus visibles et proéminents que le cerf est jeune. Le cerf grandissant, sa ramure se développera sans pour autant que le nombre de cors définisse son âge. Ce n’est pas parce qu’un cerf présente un nombre important de cors qu’il est dans un âge avancé.

Néanmoins, un élément indéniable permettant d’estimer l’âge du cerf est l’apparence que prend l’empaumure. En effet, les jeunes ne présentent pas d’empaumure à proprement parlé. Cette partie des bois a, pour les jeunes, une taille comparable au merrain et peut détenir 2 andouillers terminaux : on lui donnera le nom de fourche. Si cette empaumure est plutôt plate et large, alors nous avons à faire à un dix cors (6 ans et plus). Lorsqu’il y a 3 ou 4 épois, alors nous avons à faire à une trochure tandis que 5 épois permettent de dire qu’il s’agit d’une paume. Enfin, lorsque ces épois sont organisés en couronne autour du merrain, alors il est dit que le cerf porte chandelier. Dans cette graduation, vous serez quasiment assuré d’avoir affaire à un mâle à l’apogée de sa forme s’il présente une structure en chandelier. Attention tout de même car il existe plusieurs formes de bois chez le cerf, les unes plus atypiques que les autres, prêtant donc à confusion. Les bois peuvent être réguliers (autant d’andouillers à droite et à gauche) ou irréguliers. Ils peuvent aussi ne rien avoir en commun et l’on définira la tête du cerf de « bizarde ». Ainsi, on pourra très bien tomber sur un vieux cerf ne présentant que 6 cors. Dans ce dernier cas, il sera nommé « Cerf 10 cors qui porte 6 ».

Concernant la croissance des bois, elle est étroitement liée aux variations annuelles du taux de testostérone du cerf. Cette variation est elle-même dépendante de la variation de la photopériode (modification du temps de jour et de nuit au cours de l’année). Sous nos latitudes, le cycle de renouvellement des bois présente deux phases d’environ 6 mois chacune. Entre Février et Mai, le cerf perd ses bois. La repousse aura lieu jusqu’à fin Août et les bois atteindront leur développement maximal avant la période du rut en Septembre. Il a été démontré que si l’on double le nombre de cycles, avec une alternance de 4 phases de 3 mois afin de simuler deux années complètes, il en résultera deux pics de testostérone entraînant la pousse de deux ramures par an ! De plus, lorsque le cerf est en phase de cicatrisation d’une blessure au moment de la formation de ses bois, la future ramure pourra présenter quelques anomalies, ce qui fait des bois un bon marqueur de santé.

 

Le bois de cerf est une des curiosités biologiques les plus étonnantes. Autant sur sa vitesse de croissance, sans commune mesure dans tout le règne animal, que sur les caractéristiques histologiques de son développement et de la régulation de sa croissance. Pour en savoir un peu plus, vous pourrez vous rendre à la réserve du Pinail où Donatien du Rostu vous fera découvrir l’univers fascinant du roi de nos forêts.

La période du brame du cerf et son observation est à découvrir lors de nos séjours, séminaires et team building nature, très développement durable !

Donatien Levesque du Rotus

Geoffrey Thievet