La vie des petits fonds rocheux de Méditerranée

Publié le 01/03/2013

  • La vie des petits fonds rocheux de Méditerranée

Impossible de les râter au fond d’une calanque, d’une crique, ou autour des caps et des pointes qui encadrent les baies. Ils sont constitués de gros tas de rochers couverts d’algues, battus par les vagues, près de la surface de l’eau. La profondeur y varie en fonction des faibles marées. Gare aux coups de chaud en Eté ! Le soleil cogne fort et le mercure peut monter à plus de 40° sur les roches au sec. Les écarts de températures entre l’Hiver et l’Eté sont importants sur les rochers situés juste au-dessus de la surface (de -5° à +45°!). C’est dans ce milieu extrême que se plaisent arapèdes, balanes et autres littorines. C’est là que nous croiserons le crabe marbré.

Voici quelques groupes d’animaux marins et des critères simples permettant de les regrouper.

Les crustacés

Le crabe marbré : Pachygrapsus marmoratus

Un crustacé décapode* qui passe volontiers son temps à l’air libre. Très agile, il n’hésitera pas à faire un plongeon dans l’eau ou à regagner un trou à la première alerte. Il se nourrit d’arapèdes, de restes d’animaux et autres petites proies capturées avec ses pinces.

Le bernard l’ermite : Clibanarius erythropus

Difficile de savoir à qui on a affaire lorsqu’on observe un coquillage accroché sous la surface ! Il pourrait bien être un crustacé déguisé ou plutôt cuirassé! Ce petit bernard l’ermite, connu chez nous sous le nom de piadon, utilise un coquillage pour blindage et grandit au cours de mues. Spécialiste du déménagement, il se met alors en quête d’un abri plus grand et vient «squatter» une coquille vide de cône, gibbule, cornet, cerithe ou autre petit coquillage. Cet arthropode est visible sous la surface comme au ras de l’eau.

Les mollusques

L’arapède

Un nom qui ne vous dira peut-être rien, surtout si vous venez d’arriver dans la région. Cet animal porte quantité de noms exotiques : patelle, bernique, chapeau chinois ou encore flie. Ce mollusque gastéropode abonde sur les rochers où il s’abrite dans une logette sur-mesure. L’arapède est presque indécollable. Il lui ar­rive quand même de se déplacer pour brouter ses algues préférées ou encore regagner des zones plus fraîches. Il existe une espèce devenue très rare en France, protégée par la loi : l’arapède géante, un coquillage qui peut atteindre 20 cm de diamètre.

Gibbule commune : Osilinus turbinatus

C’est l’escargot de mer appelé à tort bigorneau chez nous. Les gibbules vivent tout près de la surface où elles s’agglutinent en masse sous les pierres du bord de mer. On les trouve aussi comme l’arapède au des­sus du niveau de la mer, lorsqu’elles sont surprises à marée basse. La gibbule peut toutefois utiliser ses ré­serves d’oxygène contenues dans l’eau prisonnière de sa coquille, fermée par un opercule étanche. Coquille souvent occupée par un bernard l’ermite.

La datte de mer : Lithophaga lithophaga

C’est un mollusque caché au fond d’une sorte de tube percé dans la roche calcaire et qui ressemble à une moule allongée. On peut l’appercevoir sur les blocs affleurant la surface de l’eau. La datte de mer ne se déplace pas pour s’alimenter. Comme la moule, c’est un filtreur se nourrissant de matière organique en suspension dans l’eau, transportée par les courants. La datte de mer fabrique de l’acide sulfurique utilisé afin de dissoudre le calcaire. Elle creuse ainsi son abri cylindrique. Protégée.

Les echynodermes

L’étoile de mer épineuse : Coscinasterias tenuispina.

Une bien jolie étoile de mer tropicale parfois très commune dans les petits fonds. Cet animal benthique se déplace au grès des marées. Secouée par les vagues, elle peut rester coincée sous une pierre. Il faut dire que les roches bougent beaucoup ici. Il lui arrive souvent d’avoir un de ses bras sectionné. Mais l’étoile épineuse n’a pas dit son dernier mot : elle a le pouvoir «magique» de se régénérer. Ses membres vont pouvoir alors repousser et même se multiplier ! Pas besoin de crochet ou de jambe de bois pour la pirate des petits fonds. Elle part à l’abordage des coquillages, chtamales et autres petits animaux peu véloces, en sortant son estomac pour les digérer !

L’oursin comestible : Paracentrotus lividus

Mieux vaut ne pas marcher dessus ! Son test est couvert d’une multitude d’épines articulées. Cet échinoderme est un animal discret qui s’active la nuit venue. Le noctambule sort alors de sa cachette pour aller brouter algues et posidonie de ses 5 dents. Il déploie alors pour se déplacer ses longs pieds ambulacraires munis d’une petite ventouse à leur extremité. Très recherché pour le goût vraiment particulier de son «corail» (sucré-salé-iodé), ce bel oursin coloré devient plus rare sur nos côtes.

De nombreuses espèces à découvrir lors de nos séjours, séminaires et team building nature, très développement durable !

Gilles Panzani