Fou de Bassan : le kamikaze des mers

Publié le 26/05/2014

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FOU DE BASSAN : le kamikaze des mers

Il n’est pas étonnant de croiser quelques Fous de Bassan sur les côtes françaises. De la famille des sulidés et originaire d’Ecosse, cet oiseau vient le plus souvent d’Angleterre pour passer l’hiver en France. D’une envergure atteignant parfois 1,90 mètre, le Fou de Bassan est le plus grand oiseau de mer en Europe. Vieille d’environ 40 Millions d’années, cette espèce faisant partie de l’ordre des pélécaniformes se rapproche du pélican, du cormoran et de la frégate.

Le Fou de Bassan doit sa dénomination de « Fou » à sa technique de pêche bien particulière. Ses incroyables plongeons sont le fruit d’une adaptation morphologique unique. Il est même raconté que l’aérodynamisme du Concorde a été inspiré de la posture spécifique du fou de Bassan !

Court sur pattes, cet oiseau est très maladroit sur la terre ferme mais il excelle dans les airs et dans l’eau. Lors des chasses qu’il mène sur des bancs de poissons (harengs et maquereaux entre autres), il repère sa proie de ses yeux gris-bleu facilement reconnaissables à une altitude pouvant atteindre 40 mètres. Lorsque l’attaque est déclenchée, il plonge tel un kamikaze et ferme ses longues et étroites ailes au fur et à mesure qu’il se rapproche de la surface jusqu’à les rabattre totalement une fraction de seconde avant que son bec acéré ne transperce l’eau. Arrivant à une vitesse avoisinant parfois les 100 km/h, il ne laisse que peu de chance au poisson qu’il gobe en remontant de son plongeon. Ressortant le bec vide, c’est cette dernière caractéristique qui motiva les pêcheurs écossais à le considérer comme fou. Le terme « Bassan » fait référence à « Bass Rock » en Ecosse où une colonie de ces oiseaux est installée depuis des siècles.

D’instinct grégaire, cet animal boude généralement les côtes et préfère rester en pleine mer. Il est possible de l’observer à terre durant l’hiver lorsque démarre la saison des amours car il niche sur des falaises, face au grand large, et se réunit en groupes composés d’une dizaine à plusieurs milliers d’individus.

Un point remarquable du comportement des couples à cette période de l’année est qu’ils retournent instinctivement au nid, composé d’algues et de débris divers, construit l’année précédente. Les ménages se forment lorsque les individus atteignent 5 ou 6 ans et scellent leur union ad vitam aeternam. La reproduction est toujours précédée d’une parade amoureuse qui se verra réitérée partiellement aux moments de la couvée lorsque l’un des deux parents revient de la pêche et prend la place de l’autre auprès de l’œuf. Au bout de 40 jours d’incubation, l’oisillon né est gardé par ses parents jusqu’au premier envol. Entre temps, se succéderont différents plumages du jeune fou de Bassan. D’abord blanc comme neige, le duvet cède sa place au plumage juvénile brun moucheté de blanc. C’est uniquement lorsqu’il aura atteint sa taille adulte que son plumage deviendra celui qu’on lui connaît.

Le fou de Bassan est aujourd’hui une espèce protégée, permettant ainsi à chacun de pouvoir le rencontrer au détour d’une sortie pêche à Rochebonne ou en Vendée. lors de nos séjours, séminaires ou team building nature, très développement durable ! 

Geoffrey Thievet

Sources : 

https://www.youtube.com/watch?v=fQlX0WJd_5g

Sources : http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/fou_de_Bassan/184816     /      http://www.oiseaux.net/oiseaux/fou.de.bassan.html

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