Phoques gris et veaux marins en Baie de Somme :

Publié le 23/05/2014

  • Phoques gris et veaux marins en Baie de Somme :

Phoques gris et veaux marins

Au détour d’une balade en baie de Somme, ne soyez pas surpris de rencontrer cet animal que l’on associe plus fréquemment à d’autres écosystèmes que celui de nos côtes. Vous ne rêvez pas, ce sont bien là des phoques, ou plus précisément des phoques veaux-marins et des phoques gris. Phoca vitulina vitulina et Halichoerus grypusqui sont les seules espèces de phoques à se reproduire sur les côtes françaises.

Majoritaire en Baie de Somme, le veau marin arbore un pelage variant du gris au brun clair avec quelques tâches sombres. Reconnaissable à sa petite tête ronde, son museau en pointe et plus particulièrement à la forme en « V » de ses narines, ce mammifère marin est aisément observable lors de vos balades dans la Baie. Allongé sur les bancs de sables révélés par la marée descendante, les phoques communs se prélassent ainsi pour plusieurs raisons, au plus grand bonheur des curieux.

En premier lieu, un peu de repos ne fait pas de mal à cet animal réussissant à nager jusqu’à 35 km/h pour une moyenne de 10 km/h et mesurant entre 1,40 à 2 mètres de long pour un poids variant de 100 à 250 kg à l’âge adulte. Lors de la nage, le veau marin dépense énormément d’énergie autant pour se mouvoir que pour réguler la température de son corps (thermorégulation). Une petite pause sur un banc de sable lui permet de régénérer cette énergie régulatrice. De plus, il profite de ces étendues de sables pour mettre bas, entre Mai et Juillet, et pour allaiter durant 4 à 6 semaines avant le sevrage des petits « chiots ».  Aussi étonnant que cela puisse paraître, le veau marin mue ! Il perd ses poils entre Août et Septembre et profite des bains de soleil qu’il s’accorde sous le soleil samarien pour synthétiser de la vitamine D, essentiel à la repousse de son pelage.

Capable d’engloutir jusqu’à 2 kg de poissons par jour, il profite de la marée montante pour partir à la chasse. Cet opportuniste trouvera son bonheur lors de ses plongées atteignant parfois 20 mètres de profondeur pendant une durée moyenne de 3 minutes au milieu d’un festin de flets, limandes, carrelets, mulets, merlans et autres. On retrouve fréquemment cette espèce en groupe, bien qu’il ait été montré qu’il préfère vaquer seul à ses occupations pour éviter tout conflit. Le veau marin est un animal sédentaire, vous permettant de le rencontrer en Baie de Somme sans grandes difficultés.

Le phoque gris est lui aussi observable et il est parfois difficile de distinguer les deux animaux lorsqu’on les observe à distance. Leurs corpulences diffèrent (le phoque gris peut mesurer de 2,50 mètres à 3,30 mètres et peser plus de 150 kg pour les mâles) mais l’attitude qu’ils adoptent sur leurs reposoirs prête à confusion. Il est donc essentiel de se munir d’une paire de jumelles pour pouvoir identifier les deux espèces. 

Le phoque gris se distingue du veau marin par la forme de sa tête. Présentant un museau plus allongé que son cousin, le pelage de Halichoerus grypusqui tend vers le gris foncé avec quelques tâches plus claires qui parsèment son corps. Il se démarque aussi par la mobilité de son cou : quand le veau marin présente une tête enchâssée et peu agile, celle du phoque gris est dégagée et très mobile. La différence notable qui existe aussi entre ces deux voisins réside dans leur comportement social. Le veau marin mâle ne détient pas de harem mais défend un territoire tandis que le phoque gris s’accouplera avec les femelles assermentées à son territoire. Attention ! Cette caractéristique diffère en fonction de la densité des populations observées. 

Vous pourrez observer le phoque gris muer de Janvier à Mai (les mâles perdent leur pelage plus tard que les femelles), faisant suite à la période de reproduction s’étalant de Septembre à Décembre. Après 11 mois de gestation, les petits blanchons (en raison de la blancheur immaculée de leur pelage à la naissance) naissent et attendriront sans nul doute la majorité des personnes venant les observer. 

Néanmoins, ces deux espèces partagent un point commun : leur fragilité face aux pollutions anthropiques (hydrocarbure, métaux lourds, PCB) et aux filets de pêche.

Accompagné de Sylvain Duvanel, vous pourrez les rencontrer au sein de cet écosystème fabuleux qu’est la Baie de Somme au niveau de la pointe du Hourdel, mais aussi au Cap Hornu, à Cayeux-sur-Mer ainsi que dans l’estuaire de la Somme (Le Crotoy, Saint-Valery-Sur-Somme). Alors à vos bottes et jumelles !  A découvrir lors de nos séjours, séminaires et team building nature, très développement durable. 

Geoffrey Thievet

Sources : 

http://guidesomme.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=11&Itemid=45

http://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/1364.pdf

http://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/1365.pdf

http://www.somme-tourisme.com/cdt80/somme_tourisme/decouvrez/n1ature/douce_faune_de_la_baie