Vers la disparition du sable?

Publié le 12/06/2019

  • Vers la disparition du sable?

Imaginez un week-end en bord de mer : la météo est au beau fixe et les températures sont idéales... Prêt à planter le parasol dans le sable ? Et si le sable disparaissait ?

UN PROCESSUS LONG DE CENTAINES DE MILLIERS D'ANNÉES

Le sable est un matériau naturel constitué de petites particules de silicium provenant de la dégradation des roches d’où son nom de roche sédimentaire détritique. Selon la nature de l’érosion, le sable obtenu possède différentes caractérisés. Le sable qui repose dans les fonds marins, provient de l’érosion par l’eau des roches : sa surface n’est pas lisse et sa forme est aléatoire. Il est possible d’en obtenir en broyant mécaniquement des roches. Celui caractéristique des déserts est issu de l’érosion des roches par les vents : polis depuis des millénaires, ils sont lisses et de forme sphérique. La formation naturelle du sable nécessite des processus s’étalant sur des centaines de milliers d’années.

OMNIPRÉSENT DANS NOS VIES

Le sable est la troisième ressource la plus utilisée dans le monde après l’air et l’eau. En effet, 50 milliards de tonnes de sable sont extrait par an pour répondre à la demande croissante. Ces chiffres astronomiques traduisent l’omniprésence du sable dans nos vies. Il a plus de 200 utilisations allant du dentifrice au verre en passant par le vin, les panneaux photovoltaïques, les matériaux composites, les systèmes de freinages, la filtration de l’eau et la mode sans oublier le béton. Il permet également de répondre à des projets de construction pharaonique comme la construction d’îles artificielles sur les littoraux de Dubaï. Le sable est au cœur d’un enjeu majeur du XXIème siècle : avec l’augmentation la population, de nouvelles constructions sortent de terre et la demande en sable ne fait d’augmenter. Au cœur des échanges internationaux, le sable représente une véritable industrie qui a aussi sa mafia. Celle ci contrôle une partie du secteur du bâtiment, s’est introduit dans l’administration, pouvant ainsi contourner les lois à son avantage. Elle est également visible à une échelle plus locale comme au Maroc où les contrebandiers dérobent le sable à la main.

CONSÉQUENCES ÉCOLOGIQUES DE SON EXPLOITATION

Pour répondre à cette demande croissante, le sable provenant de carrières terrestres a longtemps été exploitée. Cependant, ces dernières tendent à se tarir... Au vu de la quantité de sable présente dans les déserts, le problème pourrait être aisément résolu, cependant le sable du désert est inutilisable car, sous l’action du vent, les grains sont trop polis pour s’agréger correctement. A l’inverse, les sables issus des rivières et fonds marins répondent parfaitement aux critères industriels.

Or son exploitation est loin d’être sans conséquences. La récolte du sable est destructrice pour les fonds marins puisqu’elle se fait de façon industrielle avec l’aide de bateaux sabliers qui siphonnent les fonds marins aspirant tout ce qui se trouvent. Le problème est que la chaîne alimentaire marine est dépendantes du sable depuis les micro-organismes jusqu’aux poissons et donc l’homme ! De nombreuses familles dépendantes de la pêche artisanale dans le monde mais aussi en France, sont touchées par l’exploitation du sable.

A cause de ces exploitations parfois incontrôlées, les phénomènes d’érosion des plages du monde entier s’accélèrent: il est estimé que 75 à 90% des plages reculent dans le monde, 9 plages sur 10 disparaissent en Floride et des îles entières en Indonésie sont englouties. En effet, l’extraction entraîne de véritables glissements de sables, favorisant ainsi l’érosion du littoral. Couplée au réchauffement climatique, l’exploitation du sable facilite la montée des eaux et aggrave les dégâts causés par les tempêtes comme ce fut le cas avec la tempête Xynthia en France.

Par ailleurs, l’érosion des plages et la surexploitation du sable font disparaître la barrière naturelle qui empêchait l’eau de mer de s’infiltrer dans les terres et les nappes phréatiques. Sans cette barrière naturelle, l’eau salée risque d’empêcher la culture des terres arables. Voyant l’opportunité économique, certains pays comme le Maroc vendent leur sable sans se rendre compte des impacts sur leur développement sur le long terme.

De plus, le sable extrait des fonds marins ne peut pas être utilisé tel quel par l’industrie du bâtiment, en effet, il doit être lessivé pour être débarrassé de ses impuretés et dessalé. Ces processus sont énergivores et nécessitent, entre autres, l’eau douce propre à la consommation.

VERS LA PROTECTION D’UNE RESSOURCE RARE

Les gouvernements tentent de protéger le sable des littoraux. Néanmoins, les puissants lobbies et une industrie gangrénée par la mafia ne permettent pas d’assurer la protection de cette ressource en voie de disparition.

De plus, les enjeux en termes d’érosion des littoraux ne sont que très peu pris en compte. A titre d’exemple, en France, les projets de prélèvement de sable ne sont soumis qu’à étude d’impact environnemental et faunistique.

Cependant, certaines formations sableuses sont inscrites dans le patrimoine français à l’instar de la dune du Pilat dans le département des Landes. Pour les découvrir sous un autre jour, toutes nos offres de team-building et séminaires sont disponibles sur www.connexion-nature.com !

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Camille Boulnois

BIBLIOGRAPHIE